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JoruJoru
Chefchaouen: la ville bleue au pied du Rif
Photo: P. Hughes · CC BY 4.0
Montagnes du Rif, Maroc

Chefchaouen : combien de jours il faut et quand y aller

Chefchaouen est la petite ville la plus photographiée du Maroc et l'une des plus mal évaluées. La médina fait quelques centaines de mètres et se parcourt en une matinée : la vraie question de planification n'est donc pas combien de jours il faut, mais ce que vous faites du temps une fois arrivé. Et la réponse, ce sont les montagnes où elle se trouve, que presque personne ne prévoit.

Réponses rapides

Ce qu'on demande avant de réserver

Combien de jours faut-il pour visiter Chefchaouen ?

Chefchaouen demande une nuit pour la médina bleue, qui fait une matinée de marche, et une seconde pour le Rif et les cascades d'Akchour, qui justifient le trajet.

Quel est le meilleur mois pour visiter Chefchaouen ?

Avril et mai — Montagnes vertes, fleurs et marche agréable. Septembre et octobre — La chaleur de l'été casse et la ville se vide.

Quels sont les pires mois pour visiter Chefchaouen ?

Juillet et août — Chaud, et la ville au maximum de sa fréquentation. De décembre à février — Froid, humide et un vrai hiver de montagne.

Combien de jours il faut à Chefchaouen

Une nuit est la réponse honnête pour la ville elle-même. La médina est petite, les ruelles bleues font une matinée de flânerie, la place est là où l'on mange, et monter à la mosquée espagnole pour la vue sur la vallée prend une heure. Qui vous dit qu'il faut trois jours pour la ville décrit une autre ville.

Deux nuits, c'est ce qui rend le trajet justifié, parce que le deuxième jour va aux montagnes du Rif et non aux ruelles. Les cascades et les gorges d'Akchour, à une heure, sont la raison de rester une seconde nuit, et elles sont quasi absentes des photos qui font venir les gens ici.

Comment la ville est répartie

Chefchaouen est bâtie à flanc de montagne, et tout se résout en trois parties. La médina est assez petite pour que s'y perdre soit un plaisir et non un problème : descendez et vous arrivez à une porte, montez et vous arrivez au bord.

  • La médina — la vieille ville close, peinte en bleu, de quelques centaines de mètres. Raide, à marches et fermée aux voitures.
  • La place Outa el Hammam — la place principale sous la kasbah, où se trouvent les cafés et presque tous les restaurants. Toute la ville s'oriente autour d'elle.
  • La kasbah et son jardin — une petite forteresse sur la place, avec un jardin clos et une tour qui vaut la montée pour la vue sur les toits.
  • Ras el Maa — la source en haut de la médina, où l'eau sort de la montagne et où la ville fait sa lessive. Là où finissent les rues et où commence le sentier.
  • La mosquée espagnole — une mosquée désaffectée sur la colline d'en face, à trente ou quarante minutes par un sentier clair, avec la vue canonique sur toute la ville bleue. Mieux en début ou en fin de journée.

Comment y aller, puisqu'il n'y a pas de train

Le chemin de fer marocain ne dessert pas Chefchaouen et il n'y a pas d'aéroport. Tout arrive par la route, et les options pratiques sont le car interurbain ou un grand taxi partagé ou privé. C'est le fait de planification le plus important de la ville, et c'est ce qui décide de sa place dans un voyage plus long.

Elle se situe entre Tanger et Fès, à deux ou trois heures de Tanger et à quatre ou cinq de Fès, sur des routes de montagne plus lentes que la distance ne le laisse croire. Cette géographie en fait une étape naturelle entre les deux plutôt qu'une destination en soi.

  • Réservez le car à l'avance en été. Les places partent et les services ne sont pas fréquents.
  • Les grands taxis sont partagés par défaut et partent une fois pleins ; payer les places vides en fait une voiture privée, ce qui est normal et négociable.
  • La gare routière est en contrebas de la médina et c'est une vraie montée avec des bagages. Cela vaut la peine de s'organiser à l'avance.
  • Pas de voitures dans la médina. Ce qui vous amène s'arrête à une porte et vous marchez de là.

Le bleu, et d'où il vient

La réponse honnête est que personne ne sait, et les guides qui disent le contraire choisissent une version. Les trois explications habituelles sont que des réfugiés juifs installés ici dans les années 1930 ont apporté la couleur, que le bleu repousse les moustiques, ou qu'il rafraîchissait simplement les murs — et aucune ne dispose de preuves suffisantes pour être la réponse entière.

Ce qui est certain, c'est que la peinture est entretenue, en continu et par les habitants, et que c'est une ville qui fonctionne et non un décor. Les rues sont repeintes régulièrement, d'où la régularité de la couleur, et derrière ces portes vivent des gens.

  • Photographiez tôt. La lumière est meilleure avant neuf heures et les rues sont vides des excursionnistes, qui arrivent en car en fin de matinée.
  • Demandez avant de photographier des personnes ou des portes. Les habitants sont photographiés toute la journée et beaucoup refuseront, ce qui est leur plein droit.
  • Les fameuses ruelles à marches avec des pots sont des seuils privés. On les photographie depuis la rue, pas depuis l'intérieur.
  • La ville a été tour à tour musulmane, juive et andalouse, et l'architecture de la médina le montre si l'on regarde les encadrements de portes.

La montagne, qui est la raison du deuxième jour

Chefchaouen est dans le Rif, et les montagnes sont la raison pour laquelle on a habité ici. Akchour est la sortie classique : une vallée à une heure au nord-est avec une rivière, une série de cascades et une arche naturelle de roche, accessible en grand taxi et parcourue à pied depuis la route.

Le parc national de Talassemtane entoure la ville et propose des itinéraires balisés de toutes longueurs. C'est une vraie bonne région de marche, avec presque aucun randonneur international, et c'est ce qui sépare deux nuits d'un arrêt photo.

  • Akchour offre deux marches depuis le même point de départ : une courte vers la cascade basse et une longue vers l'arche de roche. Toutes deux sont très fréquentées et aucune n'exige de guide.
  • Partez tôt et prenez de l'eau. Il y a des cafés au départ et le long de la rivière, mais les sections centrales n'ont rien.
  • La rivière est froide et les gens s'y baignent quand même. C'est une habitude locale d'été et les vasques sous les cascades sont l'intérêt.
  • On cultive du cannabis dans tout le Rif et les propositions sont constantes. C'est illégal au Maroc, et acheter à quelqu'un qui vous aborde dans la rue est une façon connue de gâcher des vacances.

Comment marche le repas ici

C'est une cuisine de montagne, plus simple et plus consistante que celle du sud. Le petit-déjeuner est le repas à réussir : pain, huile d'olive, fromage local et thé à la menthe, tôt et lentement. La place est là où mange presque tout visiteur et elle est correcte sans plus ; les petites adresses des rues qui en partent sont meilleures et moins chères.

L'autre chose à savoir, c'est le thé. Le thé à la menthe est offert sans arrêt, il se verse de haut exprès pour l'aérer, et le refuser est possible mais un peu froid. Il arrive aussi très sucré par défaut : on peut demander moins de sucre, ce n'est pas malpoli.

  • L'alcool est quasi introuvable. C'est une petite ville conservatrice et la plupart des restaurants n'en servent pas. Planifiez avec cela plutôt que d'en chercher.
  • Les repas sont plus lents que prévu. Un tajine se cuit à la commande et prend quarante minutes ; en commander un à neuf heures affamé est une erreur.
  • Les espèces sont indispensables. Les cartes passent de façon inégale et il y a peu de distributeurs, presque tous hors de la médina.
  • Pendant le Ramadan le rythme change du tout au tout : beaucoup d'adresses ferment le jour et ouvrent après le coucher du soleil. Le mois se déplace chaque année dans le calendrier.

Où manger à Chefchaouen, et quoi commander

Ici la cuisine est celle du Rif : fromage de chèvre, légumes secs, pain et plats mijotés, avec moins de raffinement que dans les villes impériales. Prenez un vrai petit-déjeuner et déjeunez hors de la place principale, et la ville vous nourrit très bien pour très peu.

  • Bissara

    Quoi commander

    Le petit-déjeuner, et ce que la ville mange réellement le matin

    Une purée épaisse de fèves sèches avec huile d'olive, cumin et paprika ajoutés à table, mangée avec du pain et rien d'autre. C'est un plat du matin, vendu à de petits comptoirs, et il n'y en a plus en milieu de matinée. Cela ne coûte presque rien et c'est la chose la plus locale que vous puissiez manger ici.

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  • Tajine

    Quoi commander

    Le dîner, et ce qu'il faut savoir avant de le commander

    Viande ou légumes cuits lentement sous un couvercle conique en terre qui renvoie la vapeur dans le plat. Il faut une quarantaine de minutes et cela se cuit à la commande, alors commandez tôt ou acceptez l'attente. La version de montagne est en général chèvre ou poulet au citron confit, et le pain sert de couvert.

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  • Msemmen

    Quoi commander

    Ce qui se mange debout, à toute heure

    Une galette carrée, pliée en couches et cuite sur plaque jusqu'à ce qu'elle feuillette. Avec du miel et du beurre au petit-déjeuner, ou nature à côté d'un tajine, elle se vend à de petites lucarnes dans toute la médina. Regarder le pliage fait la moitié de l'intérêt.

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  • Maghrebi mint tea

    Quoi commander

    La boisson qu'on vous proposera sans cesse

    Du thé vert avec un bouquet de menthe fraîche et beaucoup de sucre, versé de haut pour lui faire une mousse. Vous pouvez le demander moins sucré et cela ne dérange personne. Il arrive avec chaque repas, chaque négociation et chaque conversation, et le refuser se peut mais se lit comme de la froideur.

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  • Rif

    Où chercher

    La montagne où se trouve la ville, et ce qu'elle produit

    Le Rif est une région verte, humide et montagneuse qui cultive et élève très différemment du reste du Maroc. Le fromage de chèvre frais est le produit local à chercher — vendu sur les marchés et servi avec du pain et du miel — et sous cette forme il n'existe pas dans les villes du sud.

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Quand y aller, et ce que chaque mois vous coûte

Ce qu'il faut comprendre, c'est que Chefchaouen a un climat de montagne, pas un climat marocain. Elle est dans le Rif en altitude, il y fait nettement plus frais qu'à Fès ou Marrakech, il y pleut quand le reste du pays est sec, et il y neige parfois. Faire sa valise pour le Maroc et non pour une ville de montagne est l'erreur classique.

  • Avril et mai

    Allez-y

    Montagnes vertes, fleurs et marche agréable

    La meilleure fenêtre, et de loin. Les pluies sont finies, le Rif est vert plutôt que brun, et la température convient aux rues raides comme aux marches d'Akchour. Prix modérés et les cars d'excursion n'ont pas encore atteint leur volume d'été.

  • Septembre et octobre

    Allez-y

    La chaleur de l'été casse et la ville se vide

    Chaud, sec et calme dès la fin des vacances marocaines et européennes. En septembre, la rivière d'Akchour se baigne encore. Octobre apporte les premières pluies mais aussi l'air le plus net de l'année sur la vallée.

  • Mars et novembre

    Ça vaut le coup, mais

    Bon marché et humide, sans schéma prévisible

    Des mois intermédiaires qui peuvent être superbes ou obstinément gris. La ville est au plus vide et au moins cher, et l'on peut soutenir que le bleu rend mieux sous les nuages que sous un soleil dur. Les marches en montagne dépendent de la boue.

  • Juin

    Ça vaut le coup, mais

    Chaud, sec et en train de se remplir

    Chaud sans écraser, avec des journées longues et des marches encore agréables le matin. Le trafic de cars augmente au fil du mois. Le Ramadan se déplace dans le calendrier et tombe dans cette moitié de l'année plusieurs années de suite : pendant sa durée, les options pour manger en journée se réduisent nettement.

  • Juillet et août

    Réfléchissez

    Chaud, et la ville au maximum de sa fréquentation

    Le pic du tourisme intérieur et international en même temps, dans une médina de quelques centaines de mètres. Les ruelles qui sont la raison de venir sont épaule contre épaule dès la fin de matinée, et la chaleur rend les montées pénibles. La rivière d'Akchour est au plus fréquenté et l'ombre de la montagne est le seul répit.

  • De décembre à février

    Réfléchissez

    Froid, humide et un vrai hiver de montagne

    Le Rif connaît un véritable hiver : nuits froides, pluie soutenue et neige occasionnelle en altitude. Beaucoup de maisons d'hôtes n'ont pas de chauffage digne de ce nom. La ville est superbe et presque vide, et les marches en montagne sont largement exclues.

Ce qui change le voyage

  • Donnez une nuit à la ville et une seconde à la montagne. La médina fait une matinée de marche ; Akchour est ce qui justifie le trajet.
  • Il n'y a ni train ni aéroport. Prévoyez-la comme une étape entre Tanger et Fès, et réservez le car à l'avance en été.
  • Photographiez avant neuf heures. Les cars d'excursion arrivent en fin de matinée et les rues changent complètement.
  • Emportez une couche chaude et un imperméable tous les mois sauf en plein été. C'est une ville de montagne, pas une ville marocaine.
  • Prenez des espèces. Les cartes passent de façon inégale et les distributeurs sont presque tous hors des remparts.
  • Demandez avant de photographier les gens et les portes. Les habitants sont photographiés toute la journée et refuser est parfaitement raisonnable.

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