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JoruJoru
Vienne: les toits depuis la tour de DCA de Mariahilf
Photo: Tribb · CC BY 3.0
Vienne, Autriche

Vienne : combien de jours il faut et quand y aller

Vienne a dirigé un empire multinational pendant six siècles, puis s'est arrêtée : c'est pourquoi une ville de moins de deux millions d'habitants possède les musées, les boulevards et les institutions d'une ville plusieurs fois plus grande. Le grand anneau de bâtiments publics est un projet unique des années 1860, élevé là où se dressaient les remparts. Trois jours couvrent la ville impériale et un musée fait pour de bon. Le quatrième la fait passer de liste à lieu, car presque tout ce qui rend Vienne agréable consiste à y rester assis.

Réponses rapides

Ce qu'on demande avant de réserver

Combien de jours faut-il pour visiter Vienne ?

Vienne demande trois jours pour le centre, un palais et un musée fait pour de bon, et un quatrième pour un café sans programme et les tavernes à vin des collines dans la ville.

Quel est le meilleur mois pour visiter Vienne ?

Mai et juin — Journées longues, jardins ouverts, et la saison encore en cours. Septembre et octobre — La saison repart, et le vin aussi.

Quels sont les pires mois pour visiter Vienne ?

Novembre — Le mois gris, avant l'ouverture des marchés. Janvier, février et mars — Froid, sombre, et la saison des bals si elle vous intéresse.

Combien de jours il faut à Vienne

Trois jours est le minimum honnête : un pour la vieille ville et le Ring, un pour un palais, un pour un musée que l'on termine au lieu de le goûter. Cela couvre la Vienne impériale, celle pour laquelle on vient.

Le quatrième jour est celui qui change le voyage. Il va à un café sans programme, aux tavernes à vin des collines en bordure de ville, ou à un arrondissement où il n'y a rien à voir — et ce sont les moments dont on parle après. Au-delà de quatre jours, vous y vivez plutôt que vous ne la visitez.

Comment marchent les arrondissements, et pourquoi le numéro est sur l'enveloppe

Vienne est découpée en vingt-trois arrondissements numérotés qui s'enroulent en spirale depuis le centre, et la numérotation est réellement utile, pas un détail administratif. Le premier est la ville close ; du deuxième au neuvième forment un anneau autour ; à partir du dixième, c'est la Vienne extérieure. Presque tout ce qu'un visiteur cherche tient dans les numéros à un chiffre.

L'astuce à connaître dès l'arrivée : un code postal viennois compte quatre chiffres, et les deux du milieu sont le numéro d'arrondissement. Une adresse en 1010 est dans le premier, 1070 dans le septième. Une fois qu'on le voit, on sait lire n'importe quelle adresse de la ville.

  • Le premier (Innere Stadt) — la cathédrale, le palais, l'opéra, et le Ring autour de tout cela. Assez petit pour être traversé à pied en vingt minutes.
  • Le septième (Neubau) — le quartier des musées, les petites boutiques, ce qu'on mange de mieux et la partie la moins impériale du centre. Là où la plupart auraient voulu loger.
  • Le deuxième (Leopoldstadt) — de l'autre côté du canal : le Prater, la grande roue et l'ancien quartier juif. Vert, proche et bien moins cher.
  • Les quatrième et cinquième (Wieden, Margareten) — le marché, la brocante du samedi et des rues résidentielles qui restent ouvertes le soir.
  • Le dix-neuvième (Döbling) — les vignes et les tavernes à vin sur les coteaux au-dessus de la ville. Vingt minutes de tram, et toujours dans Vienne.

Où dormir, et ce que chaque quartier vous coûte

Le réseau de transport est ici assez bon pour qu'aucun arrondissement central ne soit une erreur : la vraie question est donc ce que vous voulez devant la porte le soir. Le premier est spectaculaire et ferme tôt ; le septième est ordinaire et non.

L'autre chose à savoir, c'est que les grands hôtels de Vienne sont sur le Ring et les hôtels ordinaires à trois arrêts de tram pour une fraction du prix, dans des rues tout aussi sûres et nettement plus vivantes.

QuartierPour quiLe hic
Premier arrondissementPremière visite. Cathédrale, opéra, palais et musées, tout à pied.La partie la plus chère de la ville, calme et administrative une fois les boutiques fermées.
Septième (Neubau)Restaurants, bars, petites boutiques et le quartier des musées au bout de la rue.Aucun monument à lui ; on marche ou on prend un tram pour tout ce qui est célèbre.
Deuxième (Leopoldstadt)Chambres moins chères, le parc, le canal et dix minutes du centre.Caractère inégal d'une rue à l'autre ; le bon se tient près du canal.
Quatrième et cinquièmeLe marché, la brocante du week-end et une Vienne résidentielle ouverte tard.Étendus : on choisit un coin et on marche à partir de là.
Près d'une grande gareChambres modernes plus grandes, bon rapport, l'aéroport et les trains longue distance.Quartiers de gare : fonctionnels, bruyants sur les bords et sans raison de s'attarder.

Le café viennois, et comment s'en servir sans faute de goût

Le café viennois n'est pas un bar avec de meilleures pâtisseries. C'est une salle que vous louez au prix d'un café, et la convention veut que personne ne vous fasse partir — journaux sur des baguettes de bois, tables de marbre, serveurs en noir, et l'attente que vous puissiez rester trois heures avec une tasse et un livre. L'Autriche a inscrit la pratique à son inventaire national du patrimoine immatériel, façon officielle de dire que rester assis est le sujet.

La seule chose qui trahit un visiteur, c'est de commander *un café*. Cette boisson n'existe pas ici : on commande par le nom, et les noms sont précis. Un verre d'eau du robinet arrive à côté sans qu'on l'ait demandé, et le refuser étonne.

  • Melange — expresso, lait vapeur et mousse, le plus proche de ce que presque toute l'Europe appelle un café.
  • Kleiner ou großer Brauner — expresso simple ou double avec un peu de crème. La commande de tous les jours.
  • Verlängerter — un expresso tiré long. À demander si vous voulez quelque chose de plus proche d'un café filtre.
  • Einspänner — double expresso dans un verre sous un couvercle de crème fouettée, du nom du fiacre à un cheval dont le cocher pouvait le tenir d'une main.

La musique, et le problème de l'été

Vienne se vend sur la musique et tient largement parole, avec une réserve de taille qui prend des gens au dépourvu chaque année. L'Opéra national et les grandes salles de concert font saison de septembre à juin, et s'éteignent en juillet et août. Si vous venez en plein été, ce qu'on vous propose, ce sont des concerts Mozart en perruque destinés aux touristes : agréables, et pas ce pour quoi vous êtes venu.

En saison, l'opéra vend des places debout le jour même pour une fraction d'un fauteuil, ce qui est le meilleur rapport qualité-prix de la culture européenne et suppose une file d'attente qui est elle-même une institution. Les répétitions, la musique sacrée du dimanche matin et le chœur de garçons sont bien réels et beaucoup plus accessibles que les grands spectacles payants.

  • Vérifiez la saison avant de bâtir un séjour musical en été. Juillet et août sont les deux mois où les salles sérieuses sont fermées.
  • Les places debout sont mises en vente peu avant le lever de rideau, à l'entrée latérale, et la file commence bien avant.
  • La messe du dimanche à la chapelle de la Hofburg est chantée en saison par le chœur de garçons, et c'est un office, pas un concert.
  • Le grand cimetière est une vraie destination. Beethoven, Brahms, Schubert et les deux Strauss sont enterrés à quelques mètres les uns des autres.

Du vin dans la ville, et ce qu'est un Heuriger

Vienne est la seule capitale importante à posséder des vignes commerciales d'une certaine étendue à l'intérieur de ses limites — plusieurs centaines d'hectares, sur les coteaux du nord et de l'ouest, accessibles en tram. Les tavernes qui vendent ce vin s'appellent des Heurigen, et l'institution est une loi : en 1784, l'empereur a donné aux vignerons le droit de vendre leur propre vin nouveau chez eux, et l'arrangement n'a jamais été retiré.

Le signal traditionnel est une branche de pin accrochée au-dessus de la porte, qui veut dire que le vigneron est ouvert et sert. La nourriture est un buffet froid que l'on désigne, les tables sont partagées, et l'ensemble tient plus du jardin que du restaurant. Les versions touristiques ont un accordéoniste ; les vraies sont dix minutes plus haut.

Des détails pratiques qui surprennent

L'eau du robinet mérite que vous changiez une habitude. L'eau potable de Vienne arrive par gravité de sources alpines via deux aqueducs construits en 1873 et 1910, et elle est servie gratuitement et sans qu'on la demande dans les cafés. Acheter de l'eau en bouteille ici est une petite erreur coûteuse.

L'autre chose est la manière. Vienne est formelle d'une façon qui passe pour sèche si vous attendez de la chaleur : les salutations comptent, les serveurs sont des professionnels et non des amis, et la bonne réponse au service est un merci ferme plutôt que de l'enthousiasme.

  • Annoncez le total au moment de payer, au lieu de laisser des pièces. Arrondissez de cinq à dix pour cent et dites le chiffre.
  • Rien à composter, et emportez tout de même un titre. Il n'y a ni portillons ni contrôles de routine, et l'amende, quand elle tombe, est immédiate.
  • Le dimanche est fermé. Boutiques et supermarchés ferment par la loi ; musées, cafés et restaurants non.
  • Le liquide reste courant dans les cafés, les Heurigen et les petits restaurants, même quand la salle a l'air moderne.

Que manger à Vienne, et où

La cuisine viennoise est celle d'un empire qui allait jusqu'en Hongrie, en Bohême et en Italie du Nord, et presque tous les classiques sont venus d'ailleurs puis sont restés. Elle est lourde, elle est pointilleuse sur le détail, et discuter de qui réussit chaque plat est un sport local permanent.

  • Wiener Schnitzel

    Quoi commander

    Le plat que tout le monde commande, et la règle derrière

    Une escalope fine, panée et frite de sorte que la panure se décolle de la viande, servie avec du citron et une salade de pommes de terre. Si on l'appelle Wiener Schnitzel, elle doit être de veau : c'est la loi sur les cartes autrichiennes. La version au porc est répandue, moins chère et très bonne, et doit être annoncée comme du porc. Les deux font la taille de l'assiette.

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  • Tafelspitz

    Quoi commander

    Le plat que la ville revendique vraiment

    Du bœuf cuit dans un bouillon avec des légumes racines, servi d'abord le bouillon puis la viande avec du raifort à la pomme et une sauce à la ciboulette. C'était la commande fixe de l'empereur François-Joseph, et c'est le plat sur lequel se juge un vieux restaurant viennois. Le commander vous désigne comme quelqu'un qui a fait ses devoirs.

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  • Käsekrainer

    Quoi commander

    Le stand de fin de soirée, et quoi demander

    Une saucisse fourrée au fromage, fendue et grillée jusqu'à ce que le fromage coule. Le stand à saucisses est une institution viennoise qui fonctionne quand tout le reste est fermé, et la commande a son étiquette : elle vient avec du pain, de la moutarde et un piment au vinaigre, et se mange debout au comptoir.

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  • Sachertorte

    Quoi commander

    Le gâteau avec un procès derrière

    Un gâteau au chocolat dense avec une couche de confiture d'abricot sous le glaçage, inventé en 1832 par un apprenti de seize ans qui remplaçait un chef malade. Deux institutions viennoises se sont fait un procès de sept ans dans les années 1950 sur qui pouvait appeler le sien l'original, et les deux le vendent toujours. Il est plus sec qu'on ne croit, d'où la crème non sucrée qui l'accompagne.

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  • Wiener Kaffeehaus

    Institution

    La salle, pas la boisson

    Le café viennois est l'institution locale plus qu'un établissement particulier, et la règle est partout la même : une commande achète la table aussi longtemps que vous voulez. Journaux, marbre, pas de musique et pas de hâte. Commandez par le nom, prenez le verre d'eau, et restez plus longtemps qu'il ne semble poli.

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  • Heuriger

    Institution

    La taverne à vin en bordure de ville

    La taverne d'un vigneron, qui vend le vin de ce vigneron, dans les vignes situées à l'intérieur de la commune. Le droit de le faire a été accordé par décret impérial en 1784 et jamais retiré. Une branche de pin au-dessus de la porte veut dire ouvert ; la nourriture est un buffet froid ; les tables sont partagées. Prenez un tram et restez pour la soirée.

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Quand y aller, et ce que chaque mois vous coûte

Vienne est assez à l'est pour être franchement continentale : hivers plus froids et étés plus chauds que la moitié ouest de l'Europe, avec deux entre-saisons courtes et excellentes. Le calendrier compte ici plus que la météo, car la saison culturelle et la saison des bals ont des bords nets.

  • Mai et juin

    Allez-y

    Journées longues, jardins ouverts, et la saison encore en cours

    La meilleure combinaison de la ville : chaud sans la canicule d'août, clair jusque tard, jardins de palais et Heurigen en service, et l'opéra et les salles encore en saison jusqu'à fin juin. Les prix sont élevés et ils le valent.

  • Septembre et octobre

    Allez-y

    La saison repart, et le vin aussi

    Journées chaudes, soirées fraîches, la saison culturelle qui rouvre après la relâche et le vin nouveau qui arrive dans les tavernes des coteaux. La meilleure fenêtre si vous voulez la musique et le vin ensemble, et un peu moins chère que le début de l'été.

  • Avril

    Ça vaut le coup, mais

    Météo peu fiable, tout ouvert, prix plus bas

    Bascule sans prévenir entre manches courtes et grésil, et les jardins sortent à peine de l'hiver. Tout ce qui est en intérieur fonctionne normalement et les chambres coûtent nettement moins. Pâques se déplace entre fin mars et fin avril et remplit la ville quand elle tombe.

  • Juillet et août

    Ça vaut le coup, mais

    Chaud, fréquenté, et l'opéra est éteint

    Les semaines les plus chaudes et les plus fréquentées, avec cinéma en plein air, festivals et l'île du Danube à plein régime. Le hic, c'est que l'Opéra national et les grandes salles sont fermés pour l'été, et ce qui les remplace vise les visiteurs. Parfait si vous venez pour la ville ; décevant si vous veniez pour la musique.

  • Décembre

    Ça vaut le coup, mais

    Marchés de Noël, et journées très courtes

    Des marchés partout dès fin novembre, la saison des concerts à son sommet, et une lumière qui abandonne à seize heures. Froid et bondé, et vraiment atmosphérique. Autour de Noël, une bonne partie de la ville ferme deux jours, transports compris.

  • Novembre

    Réfléchissez

    Le mois gris, avant l'ouverture des marchés

    Humide, sombre, et sans les couleurs d'octobre ni les marchés de décembre, qui démarrent pour la plupart la dernière semaine. Musées et salles de concert sont au plus vide et au moins cher, et c'est tout l'argument pour venir.

  • Janvier, février et mars

    Réfléchissez

    Froid, sombre, et la saison des bals si elle vous intéresse

    La période la plus froide, avec des journées courtes et un vrai risque de semaines grises. Il y a tout de même une raison de venir : la saison des bals court de mi-novembre au mardi gras, qui se déplace entre début février et début mars, et plusieurs centaines de bals s'y tiennent. Sinon, c'est un voyage d'intérieur.

Des choses qui changent le voyage

  • Vérifiez que la saison d'opéra tourne avant de planifier un séjour musical. Juillet et août sont éteints, et ce qui les remplit est un autre produit.
  • Lisez le code postal. Les deux chiffres du milieu sont le numéro d'arrondissement, et cela rend toute adresse lisible.
  • Commandez le café par son nom. Demander *un café* vous vaut un regard perplexe et probablement un Verlängerter.
  • Buvez l'eau du robinet. Elle arrive par gravité de sources alpines et les cafés la servent gratuitement avec chaque commande.
  • Prenez le tram jusqu'aux tavernes à vin un soir. Vienne est la seule capitale importante avec des vignes dedans, et la branche sur la porte veut dire ouvert.
  • Annoncez le total en payant plutôt que de laisser des pièces sur la table. Laisser de l'argent derrière soi passe pour bizarre ici.

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